09 mars Sécheresse : un défi croissant pour la culture du maïs

Ces dernières années, les producteurs de maïs sont de plus en plus souvent confrontés à des périodes de sécheresse. Là où la pluie semblait autrefois presque évidente, le changement climatique entraîne aujourd’hui des régimes de précipitations irréguliers et des périodes plus longues sans pluie. Pour une culture comme le maïs, fortement dépendante de l’eau durant sa phase de croissance, les conséquences sur le rendement et la qualité peuvent être importantes. Comment la sécheresse influence-t-elle la culture du maïs, et que peuvent faire les agriculteurs pour mieux s’y préparer ?

L’eau : le moteur de la croissance

Le maïs fait partie des plantes dites « en C4 », c’est-à-dire qu’il utilise l’eau et le CO₂ plus efficacement que les cultures en C3 comme le blé. Malgré cet avantage physiologique, une humidité suffisante reste essentielle. À chaque phase de croissance, l’eau joue un rôle clé : lors de la germination, elle permet au grain de gonfler ; pendant la croissance végétative, elle stimule le développement de la tige et des feuilles ; enfin, au moment de la floraison, la disponibilité en eau détermine largement la formation et le remplissage des grains.

En cas de déficit hydrique, ces processus sont perturbés. La plante ferme ses stomates pour limiter l’évaporation, ce qui réduit l’absorption de CO₂ et ralentit la photosynthèse. La production de biomasse diminue et les épis se développent moins bien. La sécheresse autour de la floraison (environ deux semaines avant et après) est particulièrement dommageable : la disponibilité en eau détermine si la floraison se déroule correctement et combien de grains
seront finalement formés.

Les conséquences de la sécheresse pour le maïsiculteur

Les effets de la sécheresse varient selon le type de sol, la parcelle et le moment de la saison. Les sols sableux sont plus sensibles au déficit hydrique que les sols argileux ou limoneux, qui retiennent davantage d’eau. Lorsque la sécheresse survient avant la floraison, les plantes sont souvent moins hautes et développent moins de surface foliaire. Une sécheresse pendant ou juste après la floraison risque de perturber la pollinisation, entraînant des épis peu fécondés, voire totalement vides. Si le stress hydrique intervient durant le remplissage des grains, ceux-ci restent plus petits, ce qui réduit encore le rendement.

La sécheresse n’entraîne pas seulement des pertes de rendement : elle affecte aussi la qualité. Cela a un impact direct sur la valeur alimentaire du maïs ensilage. De plus, une sécheresse prolongée augmente le risque de résidus de nitrates dans le sol, car la plante absorbe moins d’azote. Le changement climatique rend la sécheresse plus structurelle

Selon les modèles climatiques, la probabilité d’épisodes de sécheresse extrême en Europe de l’Ouest continuera d’augmenter dans les prochaines décennies. Ce n’est pas seulement la quantité totale de précipitations qui change, mais aussi leur répartition au cours de l’année. Les hivers deviennent plus humides et les étés plus secs, avec davantage d’averses courtes et intenses dont l’eau s’infiltre mal dans le sol.

Le défi ne réside donc pas uniquement dans le manque de pluie, mais aussi dans la capacité à utiliser l’eau disponible de manière plus efficace.

Que peuvent faire les producteurs de maïs ?

Heureusement, il existe de nombreuses mesures permettant de limiter l’impact de la sécheresse. Ces mesures se situent à trois niveaux : la gestion du sol, le choix variétal et la technique culturale.

  1. Gestion du sol : retenir l’eau là où elle tombe

Un sol sain est la meilleure assurance contre la sécheresse. La matière organique y joue un rôle essentiel : elle améliore la structure du sol, augmente sa capacité de rétention en eau et favorise l’infiltration. En apportant régulièrement du fumier organique, du compost ou en implantant des couverts végétaux, il est possible d’augmenter progressivement le taux de matière organique.

Le non-labour et les techniques de travail du sol réduit gagnent également en importance. Ces techniques limitent l’évaporation et l’érosion, et permettent à l’humidité de rester plus disponible pour les racines. La compaction du sol est très néfaste pour le développement racinaire et, par conséquent, pour l’absorption de l’eau. Une bonne structure du sol favorise un système racinaire performant et assure une absorption optimale de l’eau.

  1. Choix variétal : tirer parti des progrès génétiques des variétés HYDRANEO

Les sélectionneurs travaillent activement au développement de variétés de maïs tolérantes à la sécheresse. Ces variétés se distinguent par un système racinaire plus développé, une utilisation plus efficace de l’eau et un cycle de croissance plus court, ce qui leur permet de mieux supporter le stress hydrique.

Un stress hydrique intense provoque inévitablement des pertes de rendement, mais celles-ci peuvent être limitées par le choix d’une variété tolérante à la sécheresse. Les variétés Hydraneo se distinguent par leur bon potentiel de rendement, combiné à une excellente tolérance à la sécheresse, ce qui leur permet de perdre relativement peu de rendement lorsque le stress hydrique augmente.

  1. Technique culturale : timing et précision

Des ajustements dans la conduite de la culture peuvent également aider. Une date de semis optimale – pas trop tôt, afin que le sol soit suffisamment réchauffé, mais pas trop tard non plus, pour éviter que la floraison ne tombe en plein coeur des semaines les plus chaudes – est essentielle. Lorsque l’irrigation est techniquement et économiquement possible, elle reste le moyen le plus direct pour limiter les dégâts liés à la sécheresse.

La science derrière le label HYDRANEO

Etant donné que la tolérance à la sécheresse constitue un enjeu depuis de nombreuses années, Limagrain a développé une méthode brevetée afin d’évaluer la tolérance à la sécheresse et, sur cette base, de créer de nouvelles variétés.

1 A plus de 100 endroits, de l’Europe occidentale à l’Europe orientale, des parcelles de recherche ont été équipées de toutes sortes de dispositifs pour mesurer la sécheresse et le stress thermique :

  • Les tensiomètres déterminent la quantité d’humidité que la couche arable peut retenir (stress causé par la sécheresse).
  • Les pluviomètres indiquent la quantité de précipitations par jour.
  • Les thermomètres mesurent le stress thermique.

De cette manière, nous pouvons déterminer sur quelles périodes le stress est le plus important.

2 Une fois toutes ces informations collectées, nous pouvons déterminer avec précision quelles parcelles ont souffert de stress (sécheresse et chaleur) pendant la période la plus importante pour le maïs, à savoir de la floraison jusqu’au remplissage des grains (2e quinzaine d’août). Cela se fait par le biais d’un modèle informatique. Le facteur de stress est indiqué par un chiffre compris entre 0 et 100.

La tolérance au stress est la capacité d’une variété à maintenir son potentiel de rendement, même dans des conditions de stress.

3 Les variétés qui après au moins 3 ans de stress causé par la sécheresse affichent 10 à 20% de rendement en plus par rapport aux variétés témoins, reçoivent le label HYDRANEO.

La sécheresse n’est plus une exception

La sécheresse n’est plus un phénomène exceptionnel, mais un risque structurel dont chaque producteur de maïs doit tenir compte.

La clé réside dans la résilience : une combinaison de sols vivants et en bonne santé, de variétés adaptées et de techniques culturales appropriées.

Variétés HYDRANEO – GAMME 2026

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