Sucre : retour à un excédent après deux années déficitaires

Ces deux dernières années, la production de sucre était inférieure à la consommation de sucre. Cette tendance s’est inversée. Les grands pays producteurs de sucre tels que le Brésil et la Thaïlande prévoient des productions de sucre records. De plus, suite à la faiblesse du prix de l’essence et du pétrole, le prix de l’éthanol est également bas. Cela signifie qu’il y aura moins de sucre consacré à la production d’éthanol. De plus, le faible cours de la monnaie brésilienne favorise l’exportation de sucre.

De son côté, avec une hausse de 17% des surfaces en betteraves, l’Europe contribue également à la hausse de l’offre sucrière mondiale. Elle devrait produire 2,4 millions de tonnes de sucre en plus. Les hausses d’emblavement les plus fortes sont observées au Royaume Uni (+ 33%), en Allemagne (+ 27%), aux Pays-Bas (+ 21%) et en Belgique (+ 14%). Les exportations européennes pourraient désormais atteindre le double par rapport au maximum 1,4 million de tonnes de sucre permis à l’exportation par l’Organisation Mondiale du Commerce au cours des 10 dernières années sous le régime des quotas. L’Europe redeviendrait exportatrice nette. En effet, après l’abolition du régime des quotas, l’Europe pourra exporter autant de sucre qu’elle voudra. La question qui se pose est celle de savoir à quel prix.

Egalement en Russie et en Ukraine, l’industrie sucrière est en plein essor. En 2017-2018, on y prévoit également un doublement des exportations. De plus, l’industrie sucrière en Afrique du Nord et en Moyen Orient a construit des raffineries de grande capacité afin de raffiner du sucre brut importé depuis le Brésil ou l’Asie.

Le graphique suivant fait ressortir qu’après 2 ans de production inférieure à la consommation (barres rouges) nous retournons vers une production supérieure à la consommation (barres bleues).

Graphique : évolution des excédents/déficits du sucre à l'échelle mondiale entre 2004 et 2017

Dans un même temps, des campagnes contre le sucre sont menées dans plusieurs pays. La croissance de la consommation mondiale de sucre ralentit pour atteindre 1%. Le marché a déjà anticipé les évolutions susmentionnées. Le prix du sucre sur le marché mondial est actuellement environ 320 €/tonne, un niveau nettement inférieur au prix de référence UE qui était de 404 €/tonne sous le régime des quotas (voir graphique suivant).

Graphique : prix du sucre blanc 2008-2017

Espérons que cette tendance s’inverse le plus rapidement possible. Mais il va falloir patienter.

Vers 20 tonnes de sucre à l’hectare avec BTS 110 et BTS 990 ?

Les derniers prélèvements réalisés par les sucreries début septembre l’avaient déjà présagé : la récolte en betteraves sucrières s’annonce énorme.

Les prélèvements effectués le 4 septembre dans la région betteravière de la RT ont révélé un rendement en racine de 95 tonnes à 17,11% de sucre. Cela revient à 16 tonnes de sucre à l’hectare. Par rapport au prélèvement antérieur, cela signifie une augmentation de 1400 kg de sucre/ha/semaine, ou autrement dit, une augmentation journalière de 200 kg de sucre !

Les résultats enregistrés par Iscal étaient également excellents : un rendement racine de 90 tonnes à l’hectare à 16,17% de sucre, ce qui résulte en 14.500 kg de sucre par hectare. Ces résultats sont d’autant plus remarquables pour l’ouest du pays qui était frappé par la sécheresse jusque fin juillet.

Attention : Les résultats des prélèvements 2017 de la Raffinerie Tirlemontoise sont basés sur des analyses de betteraves entières. Les résultats des prélèvements de ISCAL Sugar sont basés sur des analyses de betteraves décolletées. Il faut tenir compte d’une différence de quelque 8%.

Entre-temps, les premiers résultats des sucreries sont connus. Les 10 tonnes/ha seront dépassées largement. Si la richesse augmente encore un peu, le record absolu devrait être battu. Bref, si le temps reste favorable, certains betteraviers devraient afficher un rendement sucre de 20 tonnes par hectare. Les chances sont réelles que ce soit la variété tolérante à la rhizomanie BTS 110 ou la variété tolérante aux nématodes BTS 990 qui le remporte.