29 décembre Wannes Dermaut et Thomas Truyen: « Limagrain ne se limite pas à la seule livraison de semences »

(Auteur: Bernard Van Isacker) Un vent nouveau souffle sur Limagrain Belgium avec la nomination de Wannes Dermaut (40 ans) au poste de Country Manager et de Thomas Truyen (32 ans) au poste de Marketing & Communication Manager. Tous deux sont expérimentés dans le secteur agricole et connaissent très bien Limagrain Belgium. C’était le bon moment pour leur poser quelques questions sur les défis auxquels l’entreprise et les agriculteurs se voient confrontés, et beaucoup plus…

Tout d’abord Wannes : Vous avez été absent pendant un certain temps. Bienvenue. On vous a manqué un peu ?

Wannes : Bien sûr que oui ! J’ai été heureux de faire un pas en dehors de Limagrain il y a quelques années. J’ai travaillé pour Roxell, une société active dans l’équipement de poulaillers et de porcheries. C’est une organisation beaucoup plus petite que le Groupe Limagrain, mais j’avais un champ d’action mondial avec des contacts quotidiens sur tous les continents. C’était très enrichissant d’apprendre à connaître d’autres cultures et de faire des voyages internationaux, et ce dans une branche complètement différente au sein du secteur agricole. Chez Limagrain Belgium, vous savez que vous faites partie d’une grande organisation, mais vous ne le sentez pas tout de
suite.

Quelles étaient vos attentes en revenant ici ?

Wannes : Il y a une nouvelle structure et bientôt il y aura un nouveau bâtiment. Cela marquera un tournant dans l’histoire de notre société et nous donnera un nouveau départ. Je veux accompagner cette nouvelle orientation et développer une structure tournée vers l’avenir. Je savais déjà par le passé qu’il y avait beaucoup de potentiel dans notre équipe mais j’ai remarqué également que les équipes se sont rapprochées, et cette tendance est par ailleurs observée depuis plusieurs mois. L’esprit d’équipe est indispensable pour réaliser des rêves ! C’est un secteur magnifique pour travailler. Avec l’arrivée d’une nouvelle saison il y a toujours de nouveaux défis qui se présentent. De plus, nous travaillons souvent sur l’ordinateur mais nous maintenons également le lien avec la pratique en sortant régulièrement. C’est un côté agréable et instructif de notre métier.

Une nouvelle équipe en charge, va-t-elle insuffler un vent nouveau ? Où voyez-vous les plus grandes opportunités pour Limagrain Belgium ?

Wannes : Nous avons derrière nous une division ‘Recherche et Développement’ très solide qui nous permet de créer une valeur ajoutée pour les agriculteurs belges. C’est par ailleurs le message-clé que nous devons continuer à diffuser. La sélection est guidée par la nécessité de mettre au point des plantes qui répondent aux besoins du marché. Les sélectionneurs de Limagrain sont de ce fait à l’écoute des agriculteurs afin d’orienter leurs programmes de sélection. Il faut donc que le Groupe Limagrain reçoive les d’informations du marché afin de pouvoir en tenir compte.

Thomas : C’est vrai, nous disposons d’une bonne génétique que nous positionnons correctement chez les agriculteurs en fonction de leurs besoins. En effet, nos conseillers techniques font le tour des agriculteurs, afin de leur fournir les explications sur cette bonne généti que. Cela va de pair avec des conseils ciblés. Nous voulons absolument également entendre l’histoire de l’agriculteur et la transmettre à Limagrain, où ces informations peuvent être utilisées pour guider la sélection.

Wannes, vous avez travaillé ici avant. J’imagine que ces quelques années d’absence vous ont également permis d’acquérir une nouvelle vision du secteur agricole ?

Wannes : J’ai été surpris de constater que le marché des poussins de type chair soit dominé par seulement deux sélectionneurs. C’est un autre secteur qui est encore plus concentré que celui des semences. La consolidation du marché est un phénomène qui s’observe partout. Que ce soit à l’échelle mondiale, régionale ou nationale, il en est ainsi. Le nombre de joueurs diminue progressivement tandis que leur taille grandit de plus en plus. C’est le cas pour les éleveurs, les commerçants et les agriculteurs, en fait partout.

Nous devons tenir compte de cette donnée. Le marché évolue en effet très rapidement, impliquant moins d’agriculteurs et des exploitations plus grandes. Le changement climatique est également un facteur avec lequel il faut tenir compte.

Quels seront, selon vous, les plus grands défis à relever ?

Thomas : Les fermes belges deviennent plus grandes et plus professionnelles et les agriculteurs sont de plus en plus occupés. La génération actuelle d’agriculteurs professionnels ne se laisse pas facilement séduire par les slogans creux ou le mercantilisme plat. Les agriculteurs et les entreprises de notre secteur comme la nôtre doivent répondre à leurs besoins.

En tant que semencier, Limagrain sélectionne les cultures agricoles de l’avenir. Comme c’est le cas pour l’ensemble du secteur agricole, le changement climatique nous pose de grands défis. La production de cultures résistantes au climat en est un exemple. Heureusement, notre sélection l’a anticipé depuis longtemps et aujourd’hui, nous commercialisons déjà pas mal de variétés de maïs, de mélanges de graminées et d’autres nouvelles cultures résistants au climat.

Wannes : Dans le futur, nous pourrons réagir plus rapidement. Les techniques sont déjà disponibles. Par exemple, nous avons lancé des variétés appelées ‘Hydraneo’ tolérantes à la sécheresse, et cela n’est possible que parce que nous avons investi là-dedans de manière proactive. C’est aussi la raison pour laquelle Limagrain consacre chaque année un énorme budget à la recherche. Le fait que nous ayons un groupe solide derrière nous permet également de prévoir ces budgets, ce qui n’est pas toujours évident pour les acteurs moins grands.

Thomas, nous constatons que Limagrain Belgium, sous votre impulsion et celle de l’équipe marketing, se concentre sur le marketing numérique. Est-ce un choix délibéré ?

Thomas : Bien sûr ! Les agriculteurs recherchent de plus en plus d’informations en ligne, notamment via leurs smartphones. C’est une tendance à laquelle nous essayons de répondre. Vous avez probablement déjà remarqué que nous communiquons plus avec les agriculteurs par le biais des médias sociaux et nous voulons continuer à le faire. C’est un moyen rapide et accessible pour faire passer un message clair.

Nous travaillons également de plus en plus avec des vidéos. C’est un moyen idéal qui permet de partager beaucoup d’informations en peu de temps. Nous avons encore beaucoup de choses en réserve pour l’avenir. Nous prévoyons également de lancer de nouveaux services pour les agriculteurs afin de les aider de manière encore plus ciblée. Limagrain ne se limite pas à la livraison des semences.

Vous avez tous les deux un penchant pour les légumineuses ?

Thomas : Je suis très fier que notre entreprise ait été la première en Belgique à lancer les féveroles d’hiver Tundra. Le fait que ces légumineuses occupent chaque année plus de mille hectares me donne une grande satisfaction. Les médias et les politiciens abordent souvent le thème de l’autonomie protéique, mais ce sont nos agriculteurs qui les produisent !

Wannes : Cela reste en effet un theme d’actualité ! Mon père a lancé son propre programme de sélection de pois dans les années 80. En tant qu’étudiant jobiste, j’ai assisté pendant 8 ans à la récolte et au traitement de la récolte de ces champs d’expérimentation. Je commençais une heure plus tôt que les autres pour nettoyer et graisser les moissonneuses-batteuses. Le travail aux champs d’expérimentation a également été très instructif. Cela a suscité mon intérêt pour cette culture. C’est pourquoi j’ai poursuivi moi-même le programme de sélection lorsque j’ai quitté l’école. J’ai donc débuté en tant que sélectionneur de pois. J’ai fait de la sélection de légumineuses pendant huit ans. J’ai donc vraiment commencé les pieds dans la terre ! Et c’est précisément la sélection de légumineuses qui refait surface aujourd’hui.

Thomas : Wannes et moi avons tous les deux travaillé pendant des années en été en tant qu’étudiants dans la station de sélection à Tiegem. Mon premier travail en tant qu’étudiant jobiste était de balayer le hangar à Tiegem. Un travail impossible avec toute cette poussière. Mais l’ambiance entre les étudiants était excellente et nous avons passé de bons moments. Les longues journées passées au champ, souvent sous un soleil de plomb, étaient fatigantes, mais vous voyez, cela a bel et bien éveillé notre intérêt puisque nous travaillons toujours dans ce secteur après toutes ces années.

Estimez-vous que de nouvelles cultures vont apparaître dans les années à venir ?

Thomas : Certainement. Cette tendance se poursuit depuis un certain temps. Avec Greencover Humus, nous cultivons des tournesols dans nos champs depuis plusieurs années déjà. Certes, il s’agit d’une culture secondaire, mais cela en dit long sur la direction dans laquelle nous évoluons. L’augmentation de la température permet d’envisager de plus en plus les cultures du sud, comme le sorgho par exemple. Ces cultures sont souvent plus tolérantes à la sécheresse, ce qui est un avantage.

D’autre part, la demande pour les protéines végétales produites chez nous grandit également. Le lancement des féveroles en est une conséquence. C’est motivant d’être impliqué dans le développement de ces nouvelles cultures et de jouer un rôle de pionnier dans ce domaine en tant qu’entreprise.

Wannes : Nous sommes là pour créer des nouveautés et nous les présentons toujours à l’occasion d’une foire, par exemple aux Journées de la Mécanisation. Ces nouvelles cultures n’occuperont sans doute pas autant d’hectares que le maïs, mais ça bouge, c’est sûr.

Enfin, quels sont, selon vous, les défis à relever par les jeunes agriculteurs ?

Thomas : La profession d’agriculteur est pleine de défis. C’est le cas pour les jeunes agriculteurs, mais aussi pour les « moins jeunes ». Nous ne pouvons certainement pas oublier que la société évolue rapidement. Il est important que nous, en tant que secteur, continuions à améliorer notre image. Les agriculteurs peuvent être fiers du travail qu’ils accomplissent et ils doivent propager cette fierté.

Soyez ouvert à ce sujet et dites ce que vous faites. Ouvrez votre ferme au public, accueillez des groupes, créez une page sur votre ferme sur les médias sociaux, expliquez pourquoi vous faites les choses comme vous les faites. Je suis convaincu que l’image du secteur peut être beaucoup améliorée en étant simplement ouvert et transparent sur sa façon de travailler. Le secteur se porte bien, seul le marketing pourrait être meilleur. Nous pouvons être fi ers de notre secteur et nous devons faire passer ce message.

Wannes : L’accès à la terre sera un élément important et survivre aux réglementations imposées en est un autre. Limagrain dispose en tout cas du savoir-faire afin de composer des mélanges adaptés aux réglementations en vigueur. Ces mélanges tels que par exemple des bords des champs fleuris contribuent par ailleurs également à l’image positive de l’agriculture. Limagrain livre en effet plus que les semences !

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